Avec le changement de population auquel nous assistons aujourd’hui, c’est la démographie qui finira par faire la loi

Robert Ménard déclare dans Causeur :

« […] Je constate simplement que le peuple français, en tout cas dans le sud de la France, veut conserver ce à quoi il tient : la famille, les enfants, un paysage religieux qu’il connait… Un exemple : la crèche, à Béziers, installée dans l’hôtel de ville, est devenue en trois ans un passage obligé. La première année, 200 000 personnes l’ont soutenue ! Pourquoi ? Parce qu’elle incarne la France comme elles l’aiment. Un autre exemple : Le Puy-du-fou, sorte d’appartement-témoin de la France comme on en rêve. C’est ça que j’essaie de dire dans ce livre. Je ne suis pas réactionnaire au sens où je dirais : « Revenons cinquante ans en arrière et tout ira bien ! » Nier les progrès – dans un domaine comme la médecine par exemple – serait tout simplement stupide. Mais conservateur, encore une fois, oui ! […]

Passons à l’entrée « Années 30 ». Pour vous, c’est « un pays imaginaire où vous déporte la gauche dès lors que vos idées lui déplaisent ». En même temps, les années de l’entre-deux-guerres posent des questions assez sérieuses, notamment sur la démocratie qui est parfois devenue la dictature de la majorité, avant de devenir dictature tout court. Quelles limites imposer, même à une majorité démocratiquement qualifiée ?

Dès que certains ne sont pas d’accord avec vous, ils vous renvoient aux années 30. À les croire, les rues de Béziers seraient peuplées de chemises brunes et on y marcherait au pas de l’oie ! Je veux bien qu’on ne soit pas d’accord avec ce que je dis – c’est tout à fait légitime – mais le renvoi aux années 30 clôt tout débat ! Par ailleurs, oui, ce qui s’est passé dans les années 30 nous interroge sur la démocratie. Mais attention de ne pas délégitimer le vote populaire quand il n’a pas l’heur de plaire aux élites… On l’a bien vu après la victoire du Brexit ou de Trump…

Selon vous, la question n’est pas la dictature de la majorité mais celle de la minorité…

Quand, en 2005, le peuple français vote contre l’Europe telle qu’on nous la propose et que, deux années plus tard, Monsieur Sarkozy et sa nouvelle majorité décident le contraire, c’est insupportable ! Il y aurait, à leurs yeux, d’un côté des gens intelligents, fins connaisseurs des dossiers, et de l’autre, la plèbe, les gueux, incapables de discernement !

Je me souviens, lors de la campagne des municipales à Béziers, les remarques de certains bourgeois qui venaient me dire : « On vous a vu à la télé, on pourrait voter pour vous, mais enfin, vous avez des ouvriers et des chômeurs sur votre liste, ce n’est pas sérieux ! » Quel mépris de classe ! Quand le peuple vote avec les élites, il est populaire ; quand le peuple vote contre les élites, il est populiste !

Votre livre compte deux entrées « Démocratie », et vous mettez le doigt sur une possible contradiction entre démocratie et démographie. On peut donc arriver à une situation où la majorité ne serait pas qualifiée. Admettons que 51% des Français décident que la France n’est plus la France… 

Avec le changement de population auquel nous assistons aujourd’hui, c’est la démographie qui finira par faire la loi. Un peu à la manière de ces pays d’Afrique où les ethnies majoritaires imposent tout aux minorités. Je ne veux pas de ça pour la France ! La démocratie nécessite une homogénéité minimale. Si, demain, dans un certain nombre de villes comme Béziers, les Français d’origine immigrée votaient aussi massivement que le reste de la population, cela changerait la donne politique de façon radicale. Et de cela, je ne veux pas.

En ce cas, que peut-on faire ?

Limiter l’immigration. À un moment donné, quand l’eau monte, vous arrêtez le robinet avant d’être noyé et ensuite vous essayez de vous dépatouiller avec l’eau qui vous arrive au menton. Je propose donc qu’on ferme le robinet et qu’on se demande comment intégrer ceux qui sont déjà là. […]

Au niveau national, à quelques mois des élections présidentielles et législatives, pour vous, l’espoir d’un changement réside dans une alliance entre les Républicains et le Front national. Est-ce un vœu pieux ou fondez-vous vos espoirs sur vos échanges avec des personnages politiques des deux partis ? 

Je constate que 80% des gens qui votent Front national et 80% de ceux qui votent Républicains pensent à peu près la même chose, demandent à peu près les mêmes choses, rêvent à peu près des mêmes choses. Ils partagent les mêmes envies, les mêmes désirs et les mêmes besoins ! Du coup, j’essaie depuis des mois – sans grand succès jusqu’à présent – de réunir toute cette droite « hors les murs » mais aussi une bonne partie des Républicains et du Front national qui partagent grosso modo les mêmes idées. Quelle différence y a-t-il entre Marion Maréchal Le Pen et Thierry Mariani ? Entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ? Quasiment aucune ! J’irais même plus loin, je suis persuadé qu’il y a plus de divergences entre Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot qu’entre la première et un certain nombre de Républicains ! Si le système actuel perdure – à la fois chez LR et le FN – c’est malheureusement à cause des logiques partisanes et des questions d’ego… […] »

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