Résistance Et Indéfectibilité

À l’origine de toutes les disputes : Où est l’Église ?

Il est à déplorer amèrement que ceux qui ont résisté aux changements de Vatican II ne parviennent pas à s’entendre. En effet bien qu’ils soient d’accord sur la nécessité fondamentale de résister aux réformes de Vatican II, ils trouvent néanmoins le moyen de se déchirer les uns les autres sur d’autres questions. En fait, les « traditionalistes » dépensent presque toute leur énergie à lutter les uns contre les autres, et non contre les modernistes. Cet état de choses doit certainement faire plaisir au diable, car ces luttes intestines affaiblissent incommensurablement la résistance au modernisme.

Le fondement de la quasi-totalité des disputes est la question de l’Église. Où est l’Église ? Doit-on identifier la Foi Catholique avec la religion Novus Ordo ? Cette question est épineuse, car, si vous répondez par l’affirmative, à savoir que la religion Novus Ordo est la Foi Catholique, alors lui résister c’est devenir schismatique voire hérétique. Au contraire, si la réponse est négative, alors se pose le problème de l’Église Catholique sans hiérarchie visible.

Ainsi, la ligne de démarcation fondamentale entre les divers camps de « traditionalistes » est la question de l’Église. Et, puisque le pape est le chef visible de l’Église, cette controverse se manifeste naturellement par rapport à la « papauté » de Jean-Paul II. La raison pour laquelle tant de « traditionalistes » le regardent comme pape, et même insistent à dire qu’il est pape, n’est pas parce qu’ils aiment particulièrement sa théologie. C’est plutôt parce qu’ils considèrent comme une nécessité théologique l’identification de la religion Novus Ordo avec l’Église Catholique Romaine. Ils voient cela comme une nécessité en raison de l’indéfectibilité de l’Église, à savoir que celle-ci doit durer jusqu’à la fin des temps avec une hiérarchie visible. De cela, ils en concluent que, hérétiques ou non, Jean-Paul II et le collège des évêques Novus Ordo sont la hiérarchie de l’Église Catholique, car ils ont été dûment élus et nommés, et ont succédé aux sièges de leurs prédécesseurs Catholiques. Nier cela, disent-ils, c’est nier l’Église. Répudier cette hiérarchie, disent-ils, c’est être schismatique, puisque vous vous coupez de la hiérarchie Catholique.

Dans l’autre camp, cependant, l’indéfectibilité dicte exactement la conclusion opposée. Vatican II est hérétique. Jean-Paul II est hérétique. Les évêques sont hérétiques. Les nouveaux sacrements ne sont pas catholiques, et dans la plupart des cas sont soit douteusement valides ou carrément invalides. Au nom de l’indéfectibilité, par conséquent, ces « traditionalistes » déclarent que c’est une nécessité théologique que la religion Novus Ordo ne soit pas la Foi Catholique, et par conséquent que la hiérarchie Novus Ordo ne soit pas la hiérarchie Catholique.

Ce désaccord amer, qui se fonde ironiquement sur le même principe de l’indéfectibilité, est le résultat du fait que les papes et les évêques qui ont succédé, par les moyens ordinaires de succession, à la place des papes et des évêques Catholiques pré-conciliaires, ont produit, par Vatican II et ses réformes ultérieures, une religion qui ne soit pas identifiable avec la Foi Catholique de deux mille ans. La question est donc : Sur quoi repose l’indéfectibilité ? Est-ce qu’elle repose sur la Foi ? Ou bien repose-t-elle sur la succession visible des papes et des évêques depuis les Apôtres ?

La réponse est que l’indéfectibilité de l’Église Catholique repose sur ces deux éléments à la fois, et refuser l’un ou l’autre serait une « grave et pernicieuse erreur », pour reprendre les mots du Pape Léon XIII.

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