Le socialiste Jean Jaurès était inspiré par le diable

IMG_9117-Version-2Ce qu’il faut sauvegarder avant tout, ce qui est le bien inestimable conquis par l’homme à travers tous les préjugés, toutes les souffrances et tous les combats, c’est cette idée qu’il n’y a pas de vérité sacrée, c’est-à-dire interdite à la pleine investigation de l’homme ;
c’est ce qu’il y a de plus grand dans le monde, c’est la liberté souveraine de l’esprit, c’est qu’aucune puissance ou intérieure, ou extérieure, aucun pouvoir et aucun dogme, ne doit limiter le perpétuel effort et la perpétuelle recherche de la race humaine ;
c’est que l’humanité dans l’univers est une grande commission d’enquête dont aucune intervention gouvernementale, aucune intrigue céleste ou terrestre ne doit jamais restreindre ou fausser les opérations ;
c’est que toute la vérité qui ne vient pas de nous est un mensonge ;
c’est que jusque dans les adhésions que nous donnons, notre sens critique doit rester toujours en éveil et qu’une révolte secrète doit se mêler à toutes nos affirmations et à toutes nos pensées ;
c’est que si l’idée même de Dieu prenait une forme palpable, si Dieu lui-même se dressait visible sur les multitudes, le premier devoir de l’homme serait de refuser l’obéissance et de le traiter comme l’égal avec lequel on discute, mais non comme le maître que l’on subit.
Jean Jaurès (1859 – 1914) – Discours à la Chambre des députés, janvier 1895

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