Donoso Cortès

Donoso Cortès :

« J’aime, j’en conviens, exposer bonnement mes doctrines ; mais, en général, je ne cherche ni n’accepte la discussion, persuadé que je suis qu’elle dégénère vite en dispute, laquelle finit toujours par refroidir la charité, par enflammer les passions et par conduire les adversaires à manquer à trois grands respects : celui que l’homme doit à l’homme, celui qu’il doit à la vérité et celui qu’il se doit à lui-même. Les mots sont comme des semences, je les confie aux vents et je laisse à Dieu, Seigneur des vents qui les emportent, le soin de les faire tomber, au gré de sa volonté, sur des roches stériles ou sur des terres fécondes. […] Si après [m]es explications sans prétention, d’aucuns persistent à croire que je condamne ce que je n’ai pas condamné et que j’applaudis ce que je n’ai pas applaudi, j’abandonne ces malheureux à Dieu et à leur conscience. N’ayant pas eu l’intention d’entrer dans une quelconque discussion, mais juste de rectifier brièvement un certain nombre de faits, je terminerai ici ma lettre. Non, toutefois, sans avoir remercié l’ensemble des journaux qui ont daigné s’occuper de celle que je vous avais déjà adressée ; et je n’exclus même pas ceux qui m’ont outragé. N’allez pas croire que j’ai quelque mérite à oublier ainsi les outrages ; il n’y a là qu’un manque de mémoire ; que puis-je faire si je les oublie ? Je suis, Monsieur, votre humble serviteur. » (Donoso Cortès, Lettre au directeur de l’Heraldo, Paris, 30 avril 1852)

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