CHAPITRE IX. RIEN N’EST A NÉGLIGER POUR RAMENER LES HÉRÉTIQUES A L’UNITÉ.

par saint Augustin.

  1. Travaillons sans relâche, au prix de toutes nos fatigues et de toutes nos sueurs, et sous le souffle puissant de l’amour de Dieu, à bannir d’entre nous toute dissension nouvelle, et mettons un terme au schisme qui les a séparés de nous. Avant tout, conservons inébranlable la charité qui nous unit. Ils se sont glacés dans leurs iniquités; comment pourriez-vous dissoudre cette glace d’iniquité, si vous n’êtes pas embrasé du feu de la charité? Ne craignons pas de leur paraître importuns par nos instances; rassurons-nous en voyant l’abîme auquel nous voulons les arracher, car c’est l’abîme de la mort éternelle. Cicatrisons modestement, mais par tous les moyens possibles, les plaies anciennes, et ne craignons pas que le malade succombe entre les mains du médecin. Nous inquiéterons-nous de voir pleurer un enfant que l’on conduit à l’école ? ou de voir un malade repousser la main du médecin qui l’opère ? Les apôtres étaient pêcheurs et le Sauveur leur dit : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes (Matt. IX, 19.) ». Or par la bouche de son prophète le Seigneur nous annonce qu’il enverra d’abord des pêcheurs, et ensuite des chasseurs (Jerem. XVI, 16.). Des pêcheurs ont été envoyés, maintenant ce sont des chasseurs qu’il envoie. Pourquoi des pêcheurs? pourquoi des chasseurs ? Les esclaves de l’idolâtrie superstitieuse ont été arrachés de l’abîme et des profondeurs de la mer dans les filets de la foi. Mais les chasseurs pourquoi furent-ils envoyés? Pour atteindre ces hérétiques qui erraient à travers les montagnes et les collines, c’est-à-dire dans les sentiers tortueux de l’orgueil. Une montagne. c’est Donat; une autre, c’est Arius; une autre, Photin ; une autre, Novatus; telles sont les montagnes à travers lesquelles erraient les hérétiques; leurs erreurs réclamaient la répression des chasseurs. Or c’est le but de la mission conférée aux pêcheurs et aux chasseurs ; qu’ils ne viennent donc plus nous dire : pourquoi les apôtres n’ont-ils importuné, n’ont-ils contraint personne? Parce que le pêcheur lance son filet dans la mer et en retire ce qui se présente. Quant au chasseur, il parcourt les forêts, scrute tous les buissons et ne précipite le gibier dans les rêts qu’en jetant partout la terreur et l’épouvante. Qu’il. n’aille point de ce côté, qu’il n’aille point de cet autre; pour cela venez ici, frappez là, jetez l’alarme plus loin; qu’il ne s’échappe pas, qu’il ne prenne pas la fuite. Mais nos filets, c’est notre vie; gardons seulement la charité. Ne craignez pas de lui paraître importun, prouvez-lui seulement que vous l’aimez. Quel amour, dites-moi, si vous l’épargnez et qu’il meure?
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