Désinformation sur la « fosse » aux enfants en Irlande

« En pleine Irlande catholique, voilà du pain bénit pour les opposants à l’Eglise. Et toute la presse se rue pour dénoncer ce nouveau scandale « dramatique », « effroyable », qu’elle peut ajouter victorieusement au chapelet d’épisodes de maltraitance et de pédophilie qu’elle a agité ces dernières années.

Tout vient des recherches d’une historienne, Catherine Corless. Qui, grâce aux archives d’un ancien foyer catholique irlandais, St Mary, à Tuam, dans le comté de Galway, découvre des registres de décès suggérant quelque 800 inhumations secrètes, sans cercueil ni pierre tombale, par les sœurs de Bon Secours qui dirigeaient l’établissement. Les registres publics renseignaient déjà sur les centaines d’enfants morts dans ce foyer entre 1925 et 1961, date de sa fermeture. Mais personne n’avait fait le lien avec la fosse emplie à ras bord d’ossements, découverte par les habitants de Tuam en 1975, qui l’avaient jusque-là toujours rattachée aux victimes de la grande famine du milieu du XIXe siècle.

Le ministre chargé de l’Enfance, Charlie Flanagan, a parlé de révélations « profondément bouleversantes (…), d’un rappel choquant d’un sombre passé de l’Irlande ». Des membres de l’opposition ont souhaité une enquête gouvernementale exhaustive sur cette affaire. Et l’archevêque de Dublin, Diarmuid Martin, s’est dit favorable « à des fouilles sur ce qui pourrait être des tombes anonymes ».

Mais de quoi sont morts ces enfants ? Selon les documents, de malnutrition et de maladies infectieuses comme la tuberculose, sans parler de ceux qui ne survivaient pas à la naissance. Rappelons que, lors de la première moitié du XXe siècle, la très pauvre Irlande enregistrait le taux de mortalité infantile le plus élevé d’Europe et que les épidémies de tuberculose y faisaient des ravages. Les statistiques de mortalité sont sans doute les mêmes qu’ailleurs : ils ne parlent pas du nombre total d’enfants passés par le foyer. Préférant se jeter sur un rapport d’inspection gouvernemental décrivant certains enfants « fragiles, émaciés » qui date de … 1944, année de pleine guerre mondiale.

Ce qui est extraordinaire, c’est le retournement opéré. En ce début de XXe siècle, les mères célibataires sont considérées comme des femmes qui ne pourront plus s’intégrer convenablement dans la société qui, de fait, les déconsidère. Elles sont incapables de subsister à leurs besoins et, déjà, de payer le médecin pour les accoucher. Qui les accueille alors ? Tant bien que mal, avec les moyens d’alors, des institutions catholiques. […] Un siècle plus tard, ce sont elles que la société condamne dans sa haine anti-catholique. Noyée dans son idéologie soixante-huitarde, à cette époque où plus de la moitié des enfants naissent hors mariage et où 220 000 petits Français, chaque année, disparaissent sans, eux, jamais avoir été inscrits sur aucun registre… La fosse est peut-être une image choquante. Mais qu’en est-il des poubelles d’avortoirs résultant, elles, d’un meurtre pur et simple ? Le décalage est sans appel. »

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